Jeudi 29 décembre 2011 4 29 /12 /Déc /2011 10:13

C'est un truc bizarre. Hier, était publié le montant du remboursement de la Dette de la France au 3e trimestre 2011 : 3,5 milliards d'euros. On nous a  bien expliqué ce que ça fait en pourçentage du PIB, La Direction du Trésor a bien communiqué sur ses perspectives de Trésorerie, mais il manque tout de même un élément : quand est-ce qu'on aura fini de payer ? Personne n'en parle. Hé bien, je vous livre ce petit calcul que je n'ai vu nulle part : 3,5 milliards pour un trimestre, ça fait en année pleine 14 milliards. Et donc pour rembourser 1688 milliards, il faudra 120 ans. Mort de rire ! comme disent les jeunes. Bon alors d'accord, vous allez me dire que ce n'est pas comme cela qu'il faut calculer. Sauf qu'à un moment donné, il faut bien fixer l'horizon. Un prêt immobilier d'un particulier peut bien se rembourser plus rapidement, on peut toujours se dire que les revenus du ménage vont augmenter au fil des années. Mais tout de même 120 ans, avec une incertitude sur quelques années, ça fixe bien le niveau des dégâts : il ne s'agit pas d'investissements en cours pour des route, des lycées, non . Ce remboursement concerne les dépenses passées : les départs en retraite des fonctionnaires, les 200 000 logements de fonction de fonctionnaires, les subventions passées à des associations qui n'existent plus, etc.

Bref, si je suis intimement convaincu que la force d'un pays tient aussi à l'efficacité de son administration, je me dis que nos hommes politiques de tous bords nous ont menés à la catastrophe et que visiblement en cette période électorale, le sujet de la dette, finalement, est trop peu débattu : comment allons nous faire ? Comment vont-ils faire ? Si je peux me permettre cette  idée : obligeons les élus à respecter quatre règles budgétaires pour commencer :

- aucune autorisation de déficit de l'Etat et des collectivités. Ce serait un minimum, pourquoi avoir le droit à 3% de déficit, une règle de surcroît largement outrepassée ?

- Aucune autorisation de recrutement de fonctionnaires tant que le budget de l'Etat n'est pas à l'équilibre.

- Aucune autorisation de subventions aux associations dans les collectivités locales et territoriales tant que l'équilibre budgétaire n'est pas atteint.

- Suppression de tous les jumelages dans les collectivités locales... c'est au moins une façon de commencer à apprendre à supprimer les dépenses inutiles.

Prendre des mesures radicales est évidemment provocateur, mais les chocs permettent de changer des comportements : pourquoi un aéroclub, un club de judo ou de basket  seraient-ils subventionné par les mairies ? Les loisirs doivent s'autofinancer par ceux qui en bénéficient. 

C'est vrai que ces mesures  provoqueraient un tollé, mais si on explique que nos enfants, nos petits-enfants, nos arrière-petits-enfants et nos arrière-arrière petits-enfants vont devoir payer toute leur vie les loisirs passés de nos parents, peut être que ça aiderait à expliquer ces règles de gestion. Je suis assez naïf pour croire à l'intelligence de la population.

Par Zoïle - Publié dans : politique - Communauté : La crise du 21eme siècle
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Dimanche 11 décembre 2011 7 11 /12 /Déc /2011 06:23

Les statuts de ma société et l'ouverture de mon capital à des actionnaires m'obligent aujourd'hui à un effort de transparence sur l'activité et les comptes. Un exercice auquel il faut se livrer régulièrement. L'affaire qui touche donc - à nouveau -  le financement du Parti socialiste et apparemment un personnage clé Jean-Pierre Kucheida ne me laisse pas indifférent. En effet, le hasard de mon parcours fait qu'il y a au moins 25 ans, j'entendais parler, sous le manteau, de l'enrichissement de Jean-Pierre Kucheida. Beaucoup de ses proches connaissaient ses origines de professeur d'hisoire-géo dans un lycée local et son côté un peu parvenu. A l'époque, on disait que pour fêter le franchissement d'un seuil dans sa fortune personnelle, il avait emmené un très large groupe d'amis, peut être une centaine de personnes, faire la fête dans un voyage... en avion. Je crois que c'était au Canada. Il avait le droit après tout, sauf qu'on aurait pu penser que c'était difficile tout de même de s'enrichir démeusurément en politique.  Je ne m'intéressais pas au sujet.  Ce n'était qu'une rumeur, issue de gens qui le connaissaient certes, mais j'en entendais d'autres et je me garderai de confirmer des ragots qui peuvent à un moment ou un autre toucher n'importe qui, surtout depuis l'émergence d'internet. Reste cependant une question centrale. Si l'enquête préliminaire ouverte depuis neuf mois aboutit à la mise en examen de cet homme politique, alors je me poserai bien des questions : pourquoi avoir attendu des décennies pour sortir cette affaire ? Combien de milliers d'autres dossiers dorment ? Comment expliquer que jamais un juge n'ait su avant ? Pourquoi avoir laissé faire si longtemps ? etc, etc. Regulièrement, je m'étonne de la corruption dont j'entends parler en France. Evidemment j'ai d'autres chat à fouetter que de vérifier des informations qui se servent entre la poire et le fromage.

 

Je suis sûr de la bonne volonté initiale d'un Kucheida, entré en politique pour militer sur des convictions fortes. Le problème est que les hommes politiques considèrent leur fonction non comme un service ponctuel rendu à la société mais comme une carrière, avec, dès lors, un clientélisme inévitable. Raison de plus pour n'accorder qu'un seul mandat dans une fonction politique donnée, quitte à ce que les hommes politiques expérimentent des postes différents les uns à la suite des autres. Ce serait une mesure salutaire pour embourser la Dette, et donc améliorer le sort des PME.

Il faut, à mon sens, être indulgent sur les abus de position dominante des hommes de pouvoir car mener des enquêtes pour les ramener dans le droit chemin coûte excessivement cher et il faudrait en mener en permancence.  En revanche, il faut être intraitable sur le cumul des mandats et les mandats successifs. En politique plus qu'ailleurs, il faut absolument éviter les situations qui mènent à la corruption : c'est vrai dans le monde entier et c'est ce que réclament tous les citoyens, comme en Russie en ce moment avec Poutine.

Mais en attendant des réformes qui seront longues à venir, d'ores et déjà il faut demander aux élus, tous les élus , soit environs 500 000 personnes, et aux hauts fonctionnaires de publier chaque mois sur un blog leurs notes de frais et toutes les dépenses publiques qu'ils engagent. Cette transparence va changer beaucoup de choses. Que les volontaires commencent...

Par Zoïle - Publié dans : politique - Communauté : La crise du 21eme siècle
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Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 01:22

C'est vrai que la rupture conventionnelle a fait peu parler d'elle. J'ai entendu comme tout le monde que ce beau mécanisme allait réduire considérablement les contentieux aux Prud'hommes. Etant confronté à une demande de rupture conventionnelle par une collaboratrice "fatiguée", j'ai dû y regarder de plus près. En fait, la rupture conventionnelle, c'est l'institutionnalisation des abus. Car pourquoi un salarié demande-t-il ce mécanisme de rupture de contrat de travail ? Uniquement pour profiter des indemnités chômage. 

Par conséquent, nous passons d'un système inique dans lequel un salarié sur quatre menait son ex-employeur devant les Prud'hommes pour récupérer un petit quelque chose - et parfois le jackpot - à un système où l'ensemble des entreprises sont pénalisées à travers leur cotisation chômage. Cela en dit long sur la dégradation de notre société qui encourage la paresse, et de la compromission des syndicats patronaux...je suis désolé de le dire.

En effet, au-delà des belles paroles humanistes sur le progrès social, nos décideurs ont tout simplement transféré une charge qui pesait directement sur les entreprises - les Prud'hommes - vers la collectivité des cotisants. La vraie réforme est tout d'abord de supprimer un certain nombre de lois qui permettent aux salariés, la plupart du temps les moins bons et donc les plus coûteux, de se faire indemniser deux fois : une fois aux chômage, une fois par les Prud'hommes. Un salarié un peu astucieux peut réellement vivre très correctement à ne rien faire. La rupture conventionnelle réduit la deuxième indemnisation, mais crée des demandes nouvelles et envoie un signal à tous ceux qui travaillent dans une entreprise : c'est maintenant tellement simple de faire une petite pause indemnisée.

Il faut absolument revenir à des réalités concrètes : qu'est ce qu'un travail pour une entreprise ? c'est purement l'achat d'heures par un employeur qui a besoin de collaborateurs pour arriver à une production. Et donc, l'entreprise n'a pas à indemniser autre chose que des heures de travail. Si cette entreprise n'a plus besoin d'un collaborateur, elle doit pouvoir le remercier sine die. Pour amortir le choc, les politiques ont institué un mécanisme d'indemnités chômage. Avec la rupture conventionnelle, c'est un peu l'institutionnalisation d'un système non pas d'alternance de travail-chômage que l'on a mis en place, mais un système d'alternance travail-pause, laissé au bon vouloir de chaque salarié.

L'une des réponses, pour éviter les abus, est de laisser à un salarié - surtout les cadres - un maximum de 4 mois pour se remettre au travail. Aujourd'hui,  les indemnités chômage restent - et j'en fais l'expérience - plus attractives que le travail. 

Par Zoïle - Publié dans : gestion au quotidien - Communauté : Entrepreneurs
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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 18:56

Houla ! Ce la fait très longtemps que je n'ai plus rien publié. J'ai une - modeste - excuse : mon entreprise prend de l'ampleur.  C'est un travail énorme. Beaucop de stress, mais finalement je ne suis pas trop loin de mes pronostics, même si rien n'est gagné. Parmi les grandes réformes économiques dont j'avais initié la présentation en affirmant qu'il fallait mettre un terme au cumul des mandats, une deuxième concerne à nouveau nos chers hommes politiques: il s'agit de ne plus accepter le renouvellement des mandats. Les socialistes seraient prêts à limiter à trois le nombre de mandats, mais même un si faible effort n'est pas crédible. Ce sont essentiellement les "vieux" qui font ce genre de proposition... Ils ne sont plus trop concernés.

En quoi cette réforme serait-elle économique ? Tout simplement parce que la politique est d'abord un service et non une carrière. Servir, cela signifie prendre les décisions utiles pour la majorité de nos concitoyens. Dès l'instant où un homme politique est élu, aujourd'hui la loi lui laisse  envisager une carrière politique. S'il commence à bien gagner sa vie avec la politique, il adopte un mode de vie conforme à son nouveau niveau de revenu. Et donc sa motivation à être réélu devient, au fil des années, de plus en plus forte. Prenons un cas classique : un enseignant devient député. Même sans se laisser griser par le pouvoir, son nouveau revenu change son mode de vie. Il va voir son banquier pour emprunter pour une maison plus grande,il engage des dépenses plus importantes pour sa cellule familiale et de fil en aiguille se retrouve facilement endetté auprès de son bnaquier qui lui déroulera le tapis rouge. Ce n'est d'ailleurs pas le guichet du coin qui va lui accorder son prêt. Ainsi, comme pour tout ménage, l'homme politique a des remboursements. A l'approche des élections il sent bien ce qu'il peut perdre en confort de vie et voit les problèmes personnels grossir en cas de non réelection. Donc, mécaniquement et de façon intéressée, il ne va jamais vouloir abandonner son poste. 

Pour être réélu, notre député va être amené à rester "en contact avec la population" . En clair, il est important pour lui de ne pas trop passer de temps à l'Assemblée nationale et surtout de faire plaisir à ses électeurs : subventions par ci, intervention par là, inaugurations, participations à des réunions locales d'associations inutiles... Bref, nous ne sommes plus du tout dans l'intéret général. 

Très rapidement, un député fait naturellement des compromis, des dépenses qu'il sait lui-mêmessans intérêt, et dont il se convainc qu'elles peuvent rendre service...surtout à lui. Ces petits compromis, aboutissent au niveau national à l'endettement que l'on connaît. C'est aussi simple que cela.

Dans une entreprise, un patron ne peut laisser filer les moindres dépenses et par exemple, il lui faut surveiller de près les notes de frais car c'est souvent par là que les uns et les autres se lâchent le plus facilement. Les dépenses inutiles peuvent en quelques années plomber une entreprise et la faire disparaître. Alors que dire de responsables politiques qui n'ont quasiment aucun compte à rendre. Qui peut imaginer un instant que les quelques 500 000 élus français ne participent pas, peu ou prou, aux dérapages qui minent notre économie ?

Par Zoïle - Publié dans : économie - Communauté : La crise du 21eme siècle
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Jeudi 2 juin 2011 4 02 /06 /Juin /2011 03:32

Au moment où toute la classe politique affute ses armes dans la perspective du combat présidentiel, on ne peut qu'être surpris par l'indigence des projets. Et surtout, une fois de plus, nous assistons impuissants à ces grands shows médiatiques, des responsables politiques, toujours les mêmes, qui disent toujours les mêmes évidences :" il faut plus de justice sociale", il n'y a qu'à ci, il faut ça... des généralités la plupart du temps ou des réactions à chaud sur des événements pour plaire aux journalistes qui n'ont aucune question à poser. Bref, je ne compreds pas de quoi me parlent les hommes politiques à la télé.

Une modeste expérience de conseiller municipal m'a permis de constater que les hommes politiques étaient la plupart du temps ignorants des réalités. Ce n'est pas une critique, nous sommes tous à un moment donné incompétents. Le tout est de travailler pour acquérir des compétences. Deuxième point, j'ai la conviction qu'il ne faut pas beaucoup de réformes pour changer complètement le pays. Il suffit de se pencher sur quelques vrais dossiers. Donc voici les dix réformes économiques sur lesquels à mon sens il faut réellement changer pour faire chuter le niveau de chômage et aboutir au plein emploi que les responsables politiques affichent comme objectif, à droite et à gauche.

1 - Supprimer tous les cumuls de mandats.

J'ai vu à une échelon modeste de conseiller municipal à quel point les professionnels de la politique que je cotoyais se montraient âpre à défendre leur place et à améliorer peu à peu leurs fins de mois. Au début évidemment un nouvel élu croit à ce qu'il dit. mais très rapidement vient le temps où il commence à profiter de sa situation. Je pense par exemple - ce n'est qu'un exemple - à Dominique Voynet, sénatrice et maire de Montreuil. Récemment on me signalait l'avoir vue régler sa note d'hôtel dans le plus beau palace de Marakech où se déroulait un quelconque colloque. Tant mieux si des gens peuvent fréquenter les palaces. J'espère simplement qu'elle payait de sa poche. Mais on commence à entrevoir le décalage entre la militante écologiste des débuts et la sénatrice confortablement installée sous les ors du palais du Luxembourg. Impossible qu'un élu de son niveau puisse éluder la question de son mode de vie. Forcément à un moment de son parcours politique, cette question surgit : est ce que cela va durer ? la politique, c'est aussi le luxe, et le luxe est bien agréable.

Une maladie française fait que 90% de nos députés ont au moins un deuxième job. Contrairement à ce que prétendent les hommes politiques, ce n'est pas pour "rester au contact du terrain" mais bel et bien pour arrondir les fins de mois. Car à un moment donné, il n'y en a jamais assez et il y a la crainte que tout cela se termine...donc les élus cherchent à prendre leurs précautions : si je perds le poste de député, je garde celui de vice président du conseil général, etc... Dans le cas de Dominique Voynet , elle est aussi maire de Montreuil : mais comment peut-elle faire pour à la fois passer des journées à travailler par exemple sur les problèmes de sécurité dans sa ville, intervenir "sur le terrain", et en même temps faire partie des 348 sénateurs qui réfléchissent à modifier les lois pour 66 millions de Français. Quelle considération a-t-elle réellement pour son travail législatif ?

Le problème supplémentaire, c'est que les élus passent énormément de temps en représentation - en touchant au passage souvent des primes de participation à des manifestation et pas seulement des remboursement de frais -  et qu'il en reste relativement peu pour se former, approfondir des sujets et réfléchir. La représentation, ce n'est pourtant pas ce qu'on leur demande : nous avons besoin de lois, pas de députés qui posent des gerbes devant les monuments aux morts.

Une élection législative coûte 80 millions d'euros. Les élus sont d'origine très diverses : pharmaciens, médecins, agriculteurs, employés, enseignants trop souvent, avocats, donc a priori les nouveaux élus sont tous incompétents sur la plupart des sujets et devraient avoir l'obligation de passer la plupart de leurs journées dans les bibliothèques universitaires pour se former. 

Malheureusement, ils ne font rien de tout cela, ce qui aboutit au résultat consternant que nous avons toujours  des comportements idélologiques, des élus parlent d'une voix unique, celle de leur parti.

La situation de la France de ce point de vue fait exception dans le monde : aucun sénateur américain n'exerce en même temps un autre métier. Il se consacre à temps plein à son activité de législateur, et c'est bien le minimum qu'on puisse exiger de lui.

La conséquence du cumul des mandats est toute simple : les lois françaises ne sont pas étudiées sérieusement et les réformes prennent des décennies à voir le jour. Et si une loi va dans le mauvais sens, il ne faut pas espérer voir les députés rectifier le tir avant au moins une génération.

Le chômage en France n'est pas une fatalité. Il y a des réformes qui peuvent modifier la donne. Mais la première chose à faire, est d'abord de travailler sur le sujet. Ce que ne font pas nos députés dilettantes.

Par Zoïle - Publié dans : économie - Communauté : La crise du 21eme siècle
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  • : Le blog de Zoïle
  • : J'ai créé mon entreprise avec très peu de moyens voici 4 ans. Aujourd'hui, elle progresse modestement avec une dizaine de salariés. Sur ces quatre années, j'ai passé un temps considérable à gérer des problèmes liés au fait que la création d'entreprise en France, contrairement aux discours quotidiens, n'est pas la bienvenue.

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