Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Entreprendre en France est une galère
  • : J'ai créé mon entreprise avec très peu de moyens voici 6 ans. Aujourd'hui, elle progresse régulièrement mais modestement en raison des barrières invraisemblables que l'on met en France aux entreprises. Je passe un temps considérable à gérer des problèmes liés au fait que la création d'entreprise en France, contrairement aux beaux discours quotidiens, n'est pas la bienvenue.
  • Contact

Recherche

27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 09:04
Vous avez souhaité l'amnistie fiscale pour que des Français rapatrient leur compte en France.
Sans esprit de polémique sur le sujet, je me félicite tout de même que le président de la République ne vous ai pas suivi sur le sujet et je voudrai souligner ici pouquoi vous faites fausse route.
D'abord les Français qui ont quitté le pays et qui voudraient rapatrier leur argent en France ne sont sûrement pas très nombreux : une fois qu'on a franchi le pas on ne revient plus. Ce n'est vraiment pas un combat essentiel
Ensuite, quand on voit les milliers d'emplois que nos banques bien françaises ont créé dans les paradis fiscaux comme Jersey, on se dit que ça ne doit pas vraiment valoir le coup de quitter le pays et qu'on peut très bien s'adresser au guichet du coin de la rue pour protéger son épargne dans un paradis fiscal.
Ensuite, ceux qui veulent échapper à l'impôt peuvent facilement et sans grand risque prendre leur voiture et faire un aller et retour pour le Luxembourg, la Suisse ou n'importe quel pays qui accueillera leur épargne en liquide à bras ouvert. Plus d'une fois, j'ai eu des échos très concrets de ce genre de pratique.
Mais surtout, et c'est là-dessus que je voudrais attirer votre attention, toute la législation aujourd'hui est faite pour protéger l'épargnant et non l'investisseur c'est-à-dire celui qui 1- prend des risques 2 -assure l'avenir du pays et c'est bien là le noeud gordien de nos problèmes. C'est une véritable incompréhension des concepts économiques qui fait que les lois économiques de ce pays n'apportent pas les solutions espérées.
Votre famille politique et vous-même êtes sur ce plan bien coupables. Début décembre, le sénateur Marini, président de la commission des finances, ce n'est donc pas n'importe qui , voulait déduite du revenu les pertes des actionnaires pendant la crise : on croit rêver. Vous même vous vous êtes manifesté pour amnistier les contribuables français qui planquent leur argent à l'étranger et vous avez fait passer un amendement qui porte votre nom  pour soi-disant injecter 47 milliards vers les entreprises : la réalité est malheureusement complètement différente. Il n'y a pas un centime qui est allé aux entreprises et si je vous demandais de citer une seule entreprise qui ai bénéficié de votre amendement, vous en seriez bien incapable.
Alors permettez moi de rappeler quelques évidences et avant tout de me (re-) présenter puisque je vous ai écrit voici une quinzaine de jours et que je n'ai pas eu de réponse.
J'ai lancé avec ma compagne voici un peu plus d'un an une entreprise innovante dans le domaine des réfrigérants. Nous sommes installés à Trappes. Notre société connaît une forte croissance et nous avons déposé 3 brevets d'invention cette année. Je vous ai contacté car nous sommes aujourd'hui devant une réalité que connaissent tous les créateurs d'entreprises innovantes à forte croissance : nous avons besoin de fonds financer notre développement et les banques françaises n'en ont vraiment rien à cirer, si vous me passez l'expression. De leur côté, les business angels (en France, il serait mieux de parler des papy angels) ne sont guère plus intéressés.Nous sommes loin d'être un cas isolé et un certain nombre de créateurs d'entreprise que nous cotoyons connaissent TOUS le même problème.
Mais je ne vais pas vous perturber avec ce détail. revenons à la bourse dans laquelle vous avez "injecté "47 milliards.
La grande confusion qui règne en France sur la bourse provient de l'ignorance de deux réalités différentes :
Pardonnez-moi d'être un peu pédagogique, mais il existe en bourse deux marchés :
- le marché primaire est celui sur le quel des entreprises viennent et sollicitent les INVESTISSEURS qui permettent ainsi de financer les grandes entreprises ou les grosses PME.  L'avantage pour ces entreprises est de se passer de l'intermédiation bancaire et donc de drainer des capitaux en demandant aux investisseurs de partager les risques. Nous avons besoin de cette bourse d'échange pour financer la croissance.
- le marché secondaire est le marché de l'occasion, celui sur lequel les gens revendent et rachètent pour gagner plus. Ce sont là des comportements d'EPARGNANTS qui cherchent à maximiser leur ressources. Ce marché là a donné lieu à la création de toutes sortes de produits et de plus en plus des jeux de casino, qui sont devenus l'essentiel de l'activité financière.
On peut comparer la bourse au marché de l'automobile où des acheteurs acquièrent des véhicules neufs et puis le marché de l'occasion où des petits malins achètent par exemple une voiture au Danemark et pour la revendre en Afrique et en tirent une marge. Sauf que ce type d'activité est relativement peu développé sur le marché de la voiture et tout le monde peut comprendre que ce n'est pas avec ce type de marché que l'on va améliorer le bien être des ménages qui ont besoin de voitures. En bourse, c'est pareil, sauf que la confusion est permanente sur l'utilité de ce marché car l'épargnant et l'investisseur peuvent être la même personne et que la majorité des boursicoteurs est -enfin était - convaincu de la nécessité de la bourse comme outil de développement des pays capitalistes. Malheureusement ce n'est que marginalement vrai.
Aussi, pour en revenir à mon propos de départ, je regrette que nos députés, dits de droite, et vous même qui êtes perçu comme ultra-libéral (ce qui fait sourire) ne se penchent que sur le sort des épargnants. Et lorsque vous avez voté votre amendement pour injecter 47 milliards dans la bourse, vous avez uniquement alimenté le casino de épargnants et contribué un tant soit peu à faire monter les cours temporairement.
Il faudrait tout de même un jour encourager les investisseurs, les vrais c'est à dire ceux qui investissent dans l'avenir de notre pays.
Pour ce qui concerne ma société, nous n'avons pas, vu notre très petite taille, accès au marché boursier et il n'existe quasiment aucune autre solution que la banque. Nous avons actuellement quelques pistes pour nous faire financer par des Saoudiens, lesquels dans le respect de l'Islam ne sont pas autorisés à jouer sur les marchés financiers et ne vivent que sur le financement de l'économie réelle. Et dans le pire des cas, si nous ne parvenons pas à financer l'industrialisation de nos innovations, dans six mois nous irons produire au Sénégal, où grâce au prix plus bas de la main d'oeuvre nous pourrons continuer à produire, et nous importerons nos produits en France, au lieu d'exporter.
Si vous voulez vraiment encourager l'investissement en France, il suffirait pourtant de quelques lois très simples pour amener les banques à s'intéresser à l'économie réelle.
Mais quand je vois que la réforme de l'enseignement en Seconde - qui promeut l'enseignement en économie - fait descendre dans la rues les enfants d'enseignants et autres conservateurs de notre pays, c'est loin d'être gagné. J'imagine davantage la France continuer à reculer.



Partager cet article

Repost 0
Published by François Ducrocq - dans politique
commenter cet article

commentaires