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  • : Entreprendre en France est une galère
  • : J'ai créé mon entreprise avec très peu de moyens voici 6 ans. Aujourd'hui, elle progresse régulièrement mais modestement en raison des barrières invraisemblables que l'on met en France aux entreprises. Je passe un temps considérable à gérer des problèmes liés au fait que la création d'entreprise en France, contrairement aux beaux discours quotidiens, n'est pas la bienvenue.
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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 09:24
Il y a quelques jours, j'assistais à une réunion à la COFACE, notre drapeau national pour aider les PME à l'export , et au cours de la conversation, je faisais allusion à un client un peu particulier qui n'est autre qu'une ambassade asiatique.

Nos produits - nous fabriquons des gels réfrigérants - sont indispensables pour l'expédition des produits frais et un attaché d'ambassade nous achète donc régulièrement nos produits . Pourquoi ? tout simplement parce que les ambassadeurs de ce pays vont faire leurs courses dans nos grandes surfaces, achètent ce qu'il y a de nouveau, même des produits frais, et ensuite expédient le tout dans leur pays. Ensuite, je n'ai pas idée de leur organisation, mais très probablement suivent-ils le schéma suivant : ils livrent des entreprises de leur pays qui ainsi ont sous leurs yeux toutes les innovations de la planète dans leur domaine d'activité.

A vrai dire, ce n'est pas d'une grande originalité, mais c'est très efficace. En France, j'ai eu l'occasion de lire un beau rapport sur l'espionnage économique (ça fait mieux de parler d'intelligence économique) mais à la fin de cette lecture, stabylo à la main, je me suis demandé ce que l'on pouvait bien en tirer.

Pourtant, nous avons une expérience historique dans ce domaine que malheureusement  nous n'enseignons pas à nos enfants. En effet, sous Louis XV, Trudaine qui était à la fois intendant des finances et membre de l'Académie des Sciences avait eu la bonne idée d'envoyer des espions à l'étranger et notamment un certain Gabriel Jar en Angleterre. Pendant plusieurs années, Gabriel Jar s'est promené dans les ateliers de notre voisin en se faisant passer pour un simple touriste curieux. Il étudiait ainsi toutes les machines dont disposait l'Angleterre. A l'époque, il faut dire que les Anglais avaient de l'avance sur la France on les jalousait un peu. Ainsi, le soir dans son auberge, il dessinait des plans et les envoyait à Trudaine, lequel ensuite en informait les entreprises françaises, via ses réseaux. Il était bien placé pour cela puisqu'il avait créé le "bureau des dessinateurs" lequel normalement était censé dessiner les routes françaises et il avait de nombeux contacts avec les ingénieurs français... c'est lui également qui a fondé l'école des Ponts et Chaussées.

Bref, grâce à l'action de Trudaine, des pans entiers de l'industrie française ont pu être créés comme la coutellerie à Thiers ou une partie de la soierie. Il existe encore quelques 300 entreprises de coutellerie à Thiers.

Donc au cours de cette réunion à la COFACE, je demandais à ce que dans toutes les ambassades de France, nos ambassadeurs poussent le caddy pour expédier aux entreprises françaises des produits locaux. Il suffirait aux entreprises françaises de s'inscrire sur une liste et d'indiquer ce qu'elles recherchent, des payer les frais et nous aurions de bonnes surprises au bout de quelques années.

c'est simple et ça crée de l'emploi. mais c'est une vrai culture à acquérir.

Pour en revenir à notre ambassadeur asiatique, nous lui livrons nos réfrigérants dans des cartons à trou que nous avons mis au point pour notre propre consommation. Ces cartons n'ont rien d'extraoridiane mais ils présentent la particularité d'être bien aérés pour réduire de moitié le temps de congélation (nos clients congèlent des palettes entières de réfrigérants sans les déconditionner) et pour résister à l'écrasement. Ce n'est pas grand chose, mais notre client nous a demandé de lui en livrer. Nous lui avons fait remarquer que nous n'en vendions pas et que ces cartons étaient uniquement destinés à notre consommation. Il a beaucoup insisté. Nous lui avons donc vendu une trentaine de cartons.

Il ne faut pas croire que l'espionnage est un jeu avec un perdant et un gagnant... aujourd'hui ce même ambassadeur insiste beaucoup pour que nous allions créer un atelier dans son pays.

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Published by François Ducrocq - dans économie
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