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  • : Entreprendre en France est une galère
  • : J'ai créé mon entreprise avec très peu de moyens voici 6 ans. Aujourd'hui, elle progresse régulièrement mais modestement en raison des barrières invraisemblables que l'on met en France aux entreprises. Je passe un temps considérable à gérer des problèmes liés au fait que la création d'entreprise en France, contrairement aux beaux discours quotidiens, n'est pas la bienvenue.
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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 06:55

Parmi les centaines d'entraves qui figent les entreprises françaises figurent en bonne place les baux commerciaux. Ils sont bien l'expression de la protection de l'épargnant - le bailleur - contre l'investisseur - l'entrepreneur - et caractérisent ces niches poussiéreuses, lucratives et plaisantes pour les notaires et avocats, où personne ne va chercher des points de croissance.
Aujourd'hui, un entrepreneur a deux possibilités : soit il prend un bail précaire de 23 mois et à ce moment là il paie les frais d'agence, une caution et à la sortie, s'il part plus vite que prévu, doit donner un préavis qui peut durer 4 mois, c'est la solution la plus "libre", celle pratiquée par exemple dans une pépinière d'entreprise comme Promopole en région parisienne. D'où un prix de revient final du loyer complètement exorbitant par rapport à l'entrepreneur qui, par exemple, peut se débrouiller pour commencer son activité dans son garage.
La deuxième possibilité, moins libre, est un comble : on appelle cela un bail trois-six-neuf. Il oblige le locataire à ne résilier sa location qu'au bout de 3 ans, 6 ans ou 9 ans. Il le fait avec un préavis de 6 mois qu'il doit signifier par acte extra judiciaire en vertu d'un décret vieux de plus de 50 ans : en clair il doit obligatoirement passer par la case huissier pour transmettre le courrier de résiliation de son bail et donner un peu de travail à cette profession protégée. A défaut il paie trois ans de loyer en supplément.
Peu importe que l'activité de l'entrepreneur exige que la location se termine au bout de 4 ans, 5 ans ou 7 ans : il faut protéger l'épargnant qui a misé sur l'achat d'un bien immobilier pour s'enrichir en dormant.
C'est à nouveau l'occasion de bien établir la frontière qui sépare l'épargnant de l'investisseur : un bailleur n'est pas un investisseur, c'est un épargnant qui effectue un placement. Il prend un risque certes pour son épargne mais au bout de 20 ou 30 ans, il s'enrichit sauf erreur, de la façon la plus sûre, sans rien faire. Un entrepreneur gagne plus rarement les sommes qu'il pourrait gagner sur un bien immobilier. C'est aussi la raison pour laquelle un entrepreneur, dès qu'il a un peu d'argent le place dans l'immobilier, au moins celui de son entreprise.
Pour améliorer la condition de l'entrepreneur et de son travail, avec à la clé tout de même la création d'emplois que tout le monde fait semblant de rechercher en France, des mesures simples pourraient être prises. Elles feront hurler ceux que l'on appelle les "investisseurs" immobiliers, mais elles sont justes :
un local commercial est une surface de travail. Sa location doit démarrer au premier jour et se terminer au dernier sans préavis, sans caution, sans frais d'agence(on y vient avec internet). Impossible ? Non, c'est ce dont je bénéficie actuellement et je pense que c'est la meilleure formule. Elle n'est finalement pas plus coûteuse pour le bailleur qui continuer à en tirer profit.

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Published by François Ducrocq - dans gestion au quotidien
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