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  • : Entreprendre en France est une galère
  • : J'ai créé mon entreprise avec très peu de moyens voici 6 ans. Aujourd'hui, elle progresse régulièrement mais modestement en raison des barrières invraisemblables que l'on met en France aux entreprises. Je passe un temps considérable à gérer des problèmes liés au fait que la création d'entreprise en France, contrairement aux beaux discours quotidiens, n'est pas la bienvenue.
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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 05:08

Une entreprise en croissance est toujours en recherche d'argent pour financer le cycle de production, augmenter ses stocks, accélérer son développement. De temps à autres surgissent des prédateurs qui recherchent une bonne proie. Coup sur coup ces derniers jours, j'ai eu droit à deux appels téléphoniques de l'étranger, d'investisseurs, qui en réalité essaient de dénicher des affaires pour le compte de quelques fortunés et servent tout simplement d'intermédiaires. Des intermédiaires qui se nourrissent à hauteur de 8 à 12% des prêts obtenus. 

Il est probablement tentant pour un chef d'entreprise en manque de fonds d'utiliser toutes les recettes pour se faire financer. Mais à y regarder de près, rien que le montant des commissions est déjà énorme et un chef d'entreprise peut être ébloui par les sommes vertigineuses qu'on peut lui prêter, mais jamais il ne sera en mesure de rembourser avec son activité. Que se passe-t-il donc alors ? Hé bien tout simplement au bout de 5 ans, le patron encaisse éventuellement le prix de la revente de sa boîte, s'il n'est pas trop pris à la gorge par les remboursements, l'intermédiaire a disparu et l'investisseur rafle la mise. Tout le monde est content ou presque. Car la réalité c'est que l'on joue les entreprises au casino.

J'ai pu observer cette méthode à plusieurs reprises. Et les patrons ne sont pas les derniers à jouer à ce jeu. J'ai ainsi vu récemment une entreprise qui ne valait strictement que le "baratin" de son dirigeant, au demeurant fort sympathique. Beau bureau et look branché, beau business plan et beaucoup de vent pour toucher 2 millions d'euros. De quoi se nourrir, sans abuser bien sûr pour éviter les soupçons, de quoi faire enfler artificiellement l'affaire avant que le soufflet ne retombe dans 3 - 4 ans. Ce sera alors la faute à pas de chance.

Les beaux parleurs sont aussi du côté des capitaux risqueurs. Il y en a même qui se parent des vertus écolo-banlieues. Acte 1 : on vous explique que les risques de votre entreprise sont énormes et donc c'est normal que les rémunérations des investisseurs soient faramineuses...car bien sûr ils ont à essuyer les plâtres de sociétés qui ont fait faillite. Acte 2 on vous prête de l'argent à un niveau inférieur à vos besoins et à un taux maximal qui doit permettre le doublement de la mise de fonds au bout de 7 ans. Acte 3 : on vous explique que si vous n'atteignez pas vos objectifs on vous pique la boîte : normal ! disent ces investisseurs, c'est que vous n'aurez pas été à la hauteur.

Dès le départ les dés sont pipés : une affaire qui dégage 3% c'est déjà bien, 15% de résultat c'est rare, alors imaginer des rémunérations d'investisseurs supérieures à d'excellents résultats, c'est plomber les comptes et anticiper, avec l'accord plus ou moins tacite de l'entrepreneur, un rachat ultérieur de la société à vil prix.

Voilà pourquoi la finance continue de pourrir la vie économique. Mais heureusement tout n'est pas comme cela.

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