Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Entreprendre en France est une galère
  • : J'ai créé mon entreprise avec très peu de moyens voici 6 ans. Aujourd'hui, elle progresse régulièrement mais modestement en raison des barrières invraisemblables que l'on met en France aux entreprises. Je passe un temps considérable à gérer des problèmes liés au fait que la création d'entreprise en France, contrairement aux beaux discours quotidiens, n'est pas la bienvenue.
  • Contact

Recherche

12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 04:40

Récemment, un chef d'entreprise de Pavilly, près de Rouen, a entamé une grève de la faim pour pouvoir licencier un collaborateur qui a volé - tout de même - 50 000 euros dans l'entreprise. L'inspection du travail s'y était opposée au motif que la procédure n'avait pas été respectée. Il a fallu l'intervention des salariés de l'entreprise, solidaires de leur employeur, qui ont bloqué l'inspection du travail avec 70 véhicules pour qu'au final on s'aperçoive que le licenciement était valable. Mais à mon avis, il n'est pas au bout de ses peines... dans la phase suivante, aux Prud'hommes, il perdra.

Cela me rappelle un licenciement auquel j'ai procédé cet été d'un jeune immigré qui commençait à surtout à intégrer parfaitement l'idée qu'il avait beaucoup de droits en France, au point de se permettre de traiter de voleur son employeur parce que ce salarié - entre autres -  ne comprenait pas le décompte de ses congés. Bref, lorsque j'ai fini par le licencier, il s'est étonné que je respecte une longue procédure. Dans son pays d'origine, on ne s'embarrasse pas trop. Hé bien oui, même quand on recrute une personne qui ne lit quasiment pas le Français, il est judicieux de rester dans les clous des 1500 pages du code du travail. Mais l'histoire ne s'arrête pas là. J'ai eu la surprise de recevoir un courrier de la Mission locale me demandant également des explications sur une question - stupide - de pur formalisme à propos de ce licenciement, formalisme qui au demeurant a été respecté. Comme s'il fallait bien vérifier que les droits du salarié étaient le principal. Peu importe à la limite qu'un employé ne respecte pas ses obligations, sans même parler de fraude ou de vol. Ce n'est jamais grave. En revanche qu'un employeur oublie une virgule dans une procédure et tout le monde lui tombe dessus. Et même si tout est dans les règles, il faut encore créer la suspicion et inciter les salariés à se sentir lésé : ça ne mange pas de pain !

C'est aussi de cette façon que l'on massacre les entreprises en France. Les cas sont nombreux de salariés qui ont fait couler leur boîte en utilisant l'arme des Prud'hommes, avec des indemnités délirantes. Dans un licenciement sur quatre, le salarié fait appel aux Prud'hommes et on ne peut que lui donner raison : il a toutes les chances de gagner sa procédure, quelle que soit sa situation ou son comportement. Je ne comprends pas que des chefs d'entreprise puissent accepter de siéger aux Prud'hommes. Ils ont d'autres choses à faire que de cautionner un système parfaitement abusif. Autant ne pas aller dans ces juridictions, où la justice n'est pas rendue, ce n'est pas le but d'un tribunal en général : on n'y soulève que des points de droit. Si l'on veut que le droit du travail change, pour que la justice s'améliore en faveur du développement économique, il faut que les employeurs se retirent du jeu prud'homal.

Il est clair que de mon côté, en développant l'entreprise, j'intègre dès l'embauche le décompte des indemnités éventuelles aux Prud'hommes, pour le cas où...

Partager cet article

Repost 0

commentaires