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  • : Entreprendre en France est une galère
  • : J'ai créé mon entreprise avec très peu de moyens voici 6 ans. Aujourd'hui, elle progresse régulièrement mais modestement en raison des barrières invraisemblables que l'on met en France aux entreprises. Je passe un temps considérable à gérer des problèmes liés au fait que la création d'entreprise en France, contrairement aux beaux discours quotidiens, n'est pas la bienvenue.
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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 04:24

Depuis pas mal d'années, j'envoie en formation des collaborateurs.  Finalement, les collaborateurs formés n'échappent pas à la règle du zapping en passant d'une entreprise à l'autre, et l' investissement pour améliorer leurs connaissances et leurs pratiques, finalement, apporte peu de choses à ma société et pas très longtemps. Donc, je me suis dit que, d'une part, il serait judicieux que je fasse moi-même la plupart des formations pour ensuite diffuser un savoir constant et mis à jour dans un certain nombre de domaines. Je viens de m'y mettre et ...surprise.

 

J'ai passé cette semaineavec des collaborateurs, mon CACES, un joli nom pour signifier Certificat d'Aptitude à la Conduite En Sécurité. Pour faire simple, il s'agit de pouvoir conduire des chariots élévateurs. La formation était prévue sur 2 jours ce qui me paraissait vu de loin à peu près normal. Pourtant,  le formateur m'a appelé il y a quelques semaines en suggérant une journée supplémentaire. Pourquoi pas, même si nous avons peu de temps. A l'arrivée, le formateur est venu une journée et demi et un examinateur 2 heures. 

 

Sur ces deux journées, pas de document écrit pour le stagiaire, mais un power point et deux vidéos dont une récupérée par le formateur sur internet. J'ai apprécié d'apprendre quelques petites choses sur la conduite dans un atelier. Mais ma formation s'est limitée à 2 demi-journées en réalité et 2 heures de tests. Au total 8 heures environ, et j'ai dû signer pour 3 jours de présence. Bref cette formation pouvait se limiter à une journée et être suivie d'une journée de test.

 

Sur le fond, je ne suis pas mécontent de la stratégie que je mets en place : au moins maintenant, je vais pouvoir former moi-même des collaborateurs sur les chariots, gerbeurs et autres transpalettes. Je pourrai accorder des autorisations de conduite en toute connaissance de cause. C'est à mon sens un savoir, une culture de la sécurité qu'améliore  l'entreprise. En revanche, je me pose des questions sur ces formations onéreuses, dont le temps de présence du formateur est arrangé, avec un niveau relativement pauvre en préparation.

Une réforme de la formation professionnelle est réellement à mettre en oeuvre. Avec mes cotisations, je pourrais avoir en réalité un formateur pendant un mois chaque année, alors que mon budget 2012 a été épuisé en 3 jours. Cherchez l'erreur. Je suis convaincu que l'Etat ou au moins la collectivité peut se substituer à un relatif échec du privé (un échec dont la cause est dans l'organisation collective de la formation).  

 

Plutôt que de harceler les chefs d'entreprises avec des contrôleurs, des inspecteurs, des prédateurs de nos finances en tous genres, des gens prêts à punir,  il serait judicieux de proposer la présence en entreprise d'intervenants extérieurs salariés comme des enseignants, dont le temps global serait équivalent à la cotisation annuelle d'entreprise. Au moins, nous aurions des gens qui d'une part pourraient faire des diagnostics larges des besoins, apporter des connaissances dans tel ou tel domaine et préparer un véritable plan de formation avec des cours et des travaux pratiques comme à l'école. Je suis convaincu que parfois nous n'avons pas besoin de plus de quelques heures sur un sujet. En regardant les choses de près, avec ce que je cotise aujourd'hui, nous aurions dans notre entreprise chaque année une vingtaine d'enseignants qui viendraient une journée chacun. Pour améliorer la compétitivité de la France, ce serait plutôt bien.

 

Au lieu de cela, nous avons des organismes de formation, dont tout le monde suspecte le côté "pompe à fric" pour les syndicats, qui sont elles-mêmes sous pression pour faire du chiffre, qui passent un temps considérable en paperasse, et qui sont asphyxiées par leurs charges. Et je suis à peu près sûr que bon nombre d'entre  elles sont à la limite de la rentabilité.

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