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  • : Entreprendre en France est une galère
  • : J'ai créé mon entreprise avec très peu de moyens voici 6 ans. Aujourd'hui, elle progresse régulièrement mais modestement en raison des barrières invraisemblables que l'on met en France aux entreprises. Je passe un temps considérable à gérer des problèmes liés au fait que la création d'entreprise en France, contrairement aux beaux discours quotidiens, n'est pas la bienvenue.
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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 07:31

Ce n'est pas la première fois que des faits de corruption me parviennent, mais ces derniers temps leur multiplication m'a un peu surpris. Certes, il est toujours difficile de faire la part du vrai et de l'exagéré, sauf que les témoignages qui ont pu m'être rapportés sont crédibles : un expert comptable qui glisse un billet avec sa carte de visite en allant au greffe du Tribunal de Commerce, un cadre fonctionnaire qui demande une somme pour faire passer un dossier financier au-dessus de la pile, un banquier, sans doute du niveau de chef d'agence, qui demande, sans détour, une importante somme en liquide pour faire passer un dossier de prêt qui normalement ne passe pas... ce dernier écho, je l'ai entendu à plusieurs reprises. Est ce que la corruption augmente, je n'en sais fichtre rien. Néanmoins cette accumulation de "bruits" me laisse perplexe. La corruption est toujours un signe. Un signe d'indifférence à la prédation, un signe d'absence d'éthique, et plus encore un signe de crise : la corruption est la plus développée dans les pays pauvres. Est ce que la France s'appauvrit ? 

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Published by Zoïle - dans politique
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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 19:56

Breveter ses inventions pour améliorer ses chances de succès sur les marchés mondiaux, l'idée est séduisante. L'Etat de ce côté à travers l'INPI (Institut National de la Propriété Industrielle)  se montre raisonnable. En revanche, franchement les cabinets - enfin au moins celui que j'ai contacté - abusent très sincèrement sur les tarifs. Pour un dépôt européen qui peut s'effectuer sans intermédiaire directement à l'INPI, le devis en honoraires est de près de 500 euros pour les frais de base  -base de quoi ? - idem pour l'engagement de l'examen - c'est à dire remplir un formulaire - et plus de 1000 euros pour frais de désignation des états contractants - en d'autres termes pour choisir sur une liste, les Etats européens pour lesquels le brevet sera déposé. Donc deux mille euros pour un travail d'une heure à peine, sans déplacement car les conseils en propriété industrielle effectuent toutes les formalités en ligne.

Les petites entreprises et les très grosses sont les principales intervenantes en France dans les dépôts de brevet. On peut comprendre que l'intervention d'un cabinet dans la rédaction d'un brevet a son importance et il paraît légitime de payer - comme n'importe quel autre conseil juridique - à la hauteur des compétences, mais des honoraires démesurés pour une formalité de base ne donne pas vraiment confiance dans la profession. Et, lorsque l'on cumule les coûts, une TPE ne peut qu'être rebutée par des sommes qui deviennent vite astronomiques, tandis que les recettes liées au brevet comportent toujours une part d'incertitude. Un effort s'il vous plaît pour ne pas considérer les entreprises comme des vaches à lait... Tous ces abus, ajoutés les uns aux autres, ont coulé des milliers d'entreprises.

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 04:40

Récemment, un chef d'entreprise de Pavilly, près de Rouen, a entamé une grève de la faim pour pouvoir licencier un collaborateur qui a volé - tout de même - 50 000 euros dans l'entreprise. L'inspection du travail s'y était opposée au motif que la procédure n'avait pas été respectée. Il a fallu l'intervention des salariés de l'entreprise, solidaires de leur employeur, qui ont bloqué l'inspection du travail avec 70 véhicules pour qu'au final on s'aperçoive que le licenciement était valable. Mais à mon avis, il n'est pas au bout de ses peines... dans la phase suivante, aux Prud'hommes, il perdra.

Cela me rappelle un licenciement auquel j'ai procédé cet été d'un jeune immigré qui commençait à surtout à intégrer parfaitement l'idée qu'il avait beaucoup de droits en France, au point de se permettre de traiter de voleur son employeur parce que ce salarié - entre autres -  ne comprenait pas le décompte de ses congés. Bref, lorsque j'ai fini par le licencier, il s'est étonné que je respecte une longue procédure. Dans son pays d'origine, on ne s'embarrasse pas trop. Hé bien oui, même quand on recrute une personne qui ne lit quasiment pas le Français, il est judicieux de rester dans les clous des 1500 pages du code du travail. Mais l'histoire ne s'arrête pas là. J'ai eu la surprise de recevoir un courrier de la Mission locale me demandant également des explications sur une question - stupide - de pur formalisme à propos de ce licenciement, formalisme qui au demeurant a été respecté. Comme s'il fallait bien vérifier que les droits du salarié étaient le principal. Peu importe à la limite qu'un employé ne respecte pas ses obligations, sans même parler de fraude ou de vol. Ce n'est jamais grave. En revanche qu'un employeur oublie une virgule dans une procédure et tout le monde lui tombe dessus. Et même si tout est dans les règles, il faut encore créer la suspicion et inciter les salariés à se sentir lésé : ça ne mange pas de pain !

C'est aussi de cette façon que l'on massacre les entreprises en France. Les cas sont nombreux de salariés qui ont fait couler leur boîte en utilisant l'arme des Prud'hommes, avec des indemnités délirantes. Dans un licenciement sur quatre, le salarié fait appel aux Prud'hommes et on ne peut que lui donner raison : il a toutes les chances de gagner sa procédure, quelle que soit sa situation ou son comportement. Je ne comprends pas que des chefs d'entreprise puissent accepter de siéger aux Prud'hommes. Ils ont d'autres choses à faire que de cautionner un système parfaitement abusif. Autant ne pas aller dans ces juridictions, où la justice n'est pas rendue, ce n'est pas le but d'un tribunal en général : on n'y soulève que des points de droit. Si l'on veut que le droit du travail change, pour que la justice s'améliore en faveur du développement économique, il faut que les employeurs se retirent du jeu prud'homal.

Il est clair que de mon côté, en développant l'entreprise, j'intègre dès l'embauche le décompte des indemnités éventuelles aux Prud'hommes, pour le cas où...

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 05:45

La semaine dernière, j'ai recruté une opératrice à temps partiel. Certes le travail que je propose n'est pas des plus enthousiasmants. Il s'agit d'un travail à la chaîne. Donc avec des cadences. Lundi, arrive une femme de la trentaine. Il a fallu la recruter, ce qui a pris déjà pris un certain nombre d'heures : dépôt d'annonce, recueil des candidatures, entretien avec les candidats. Ensuite il a fallu rédiger le contrat de travail, c'est peut-être une évidence mais ça prend aussi du temps. Puis il a fallu faire la DUE, la Déclaration Unique d'Embauche pour ne pas être soupçonné de faire du travail au noir et bien sûr payer ses cotisations sociales. Il a fallu photocopier sa carte d'identité, sa carte de sécu, ouvrir un dossier... Le deuxième jour, la nouvelle recrue qui travaillait 4 heures par jour trouve que l'ambiance est sympa, mais que le poste est trop fatigant et qu'elle arrête. Bon, ok. Il reste donc à établir le solde de tout compte, le certificat de travail, lui demander une lettre de démission, et même la rédiger car la nouvelle recrue s'en fiche un peu de la paperasse, lui faire signer le reçu de solde de tout compte, lui fournir son attestation Assedic. En tout 12 pages de rédaction - et encore, j'avais oublié de lui remettre le règlement intérieur sur 3 pages, et je ne parle pas de la visite médicale qu'il fallait programmer : c'est ça aussi un recrutement.

La semaine prochaine, je recommence.

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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 05:02

En écoutant nos dirigeants politiques - et ne parlons pas des représentants patronaux devenus muets sur le sujet - on a l'impression que le débat sur les 35 heures est aussi ancien que le Crétacé. Récemment encore Nicolas Sarkozy dans l'une de ses brillantes prestations télévisées s'emportait à nouveau sur les 35 heures, héritage catastrophique qu'il a - qu' il aurait - changé avec la formule magique du "travailler plus, pour gagner plus".

Malheureusement sur le terrain voici comment les choses se passent. Les salariés ont droit à un contigent d'heures supplémentaires : 220 heures. On y arrive vite. Sur une année, c'est peu de chose. Dire qu'au-delà les heures supplémentaires sont autorisées, c'est un peu se payer la tête du monde. D'une part, il faut commencer à solliciter des autorisations à la Direction du Travail. En clair, cela veut dire que l'on sort de la norme et qu'on entre dans l'exception. D'autre part,l faut également prévoir un repos compensateur équivalent au temps travaillé en heures supplémentaires. Donc, franchement quel en est l'intérêt ?

Côté salarié, les jeunes qui veulent travailler dans une usine, sans formation, sont ravis de travailler plus et de voir une fiche de paie dépasser largement le smic. Ils commencent à rêver de pouvoir quitter le domicile familial où ils se sont établis avec leur copine et commencent les calculs de tout ménage : loyer, équipement etc. Et puis vient le temps où l'employeur tout à coup prend conscience qu'il a atteint le quota d'heures sup et tourne le problème en tout sens avant d'annoncer au salarié qu'il va devoir travailler moins pour gagner moins. La fiche de paie suivante crée l'ambiance dans l'entreprise. Vu du côté de l'employeur, comme une embauche supplémentaire est toujours un problème, la chasse aux temps morts commence pour essayer d'augmenter la productivité. 

Finalement quasiment rien n'a été fait pour supprimer les 35 heures qui continuent de plomber le pays, l'organisation des entreprises, la rémunération des salariés.

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 05:08

Une entreprise en croissance est toujours en recherche d'argent pour financer le cycle de production, augmenter ses stocks, accélérer son développement. De temps à autres surgissent des prédateurs qui recherchent une bonne proie. Coup sur coup ces derniers jours, j'ai eu droit à deux appels téléphoniques de l'étranger, d'investisseurs, qui en réalité essaient de dénicher des affaires pour le compte de quelques fortunés et servent tout simplement d'intermédiaires. Des intermédiaires qui se nourrissent à hauteur de 8 à 12% des prêts obtenus. 

Il est probablement tentant pour un chef d'entreprise en manque de fonds d'utiliser toutes les recettes pour se faire financer. Mais à y regarder de près, rien que le montant des commissions est déjà énorme et un chef d'entreprise peut être ébloui par les sommes vertigineuses qu'on peut lui prêter, mais jamais il ne sera en mesure de rembourser avec son activité. Que se passe-t-il donc alors ? Hé bien tout simplement au bout de 5 ans, le patron encaisse éventuellement le prix de la revente de sa boîte, s'il n'est pas trop pris à la gorge par les remboursements, l'intermédiaire a disparu et l'investisseur rafle la mise. Tout le monde est content ou presque. Car la réalité c'est que l'on joue les entreprises au casino.

J'ai pu observer cette méthode à plusieurs reprises. Et les patrons ne sont pas les derniers à jouer à ce jeu. J'ai ainsi vu récemment une entreprise qui ne valait strictement que le "baratin" de son dirigeant, au demeurant fort sympathique. Beau bureau et look branché, beau business plan et beaucoup de vent pour toucher 2 millions d'euros. De quoi se nourrir, sans abuser bien sûr pour éviter les soupçons, de quoi faire enfler artificiellement l'affaire avant que le soufflet ne retombe dans 3 - 4 ans. Ce sera alors la faute à pas de chance.

Les beaux parleurs sont aussi du côté des capitaux risqueurs. Il y en a même qui se parent des vertus écolo-banlieues. Acte 1 : on vous explique que les risques de votre entreprise sont énormes et donc c'est normal que les rémunérations des investisseurs soient faramineuses...car bien sûr ils ont à essuyer les plâtres de sociétés qui ont fait faillite. Acte 2 on vous prête de l'argent à un niveau inférieur à vos besoins et à un taux maximal qui doit permettre le doublement de la mise de fonds au bout de 7 ans. Acte 3 : on vous explique que si vous n'atteignez pas vos objectifs on vous pique la boîte : normal ! disent ces investisseurs, c'est que vous n'aurez pas été à la hauteur.

Dès le départ les dés sont pipés : une affaire qui dégage 3% c'est déjà bien, 15% de résultat c'est rare, alors imaginer des rémunérations d'investisseurs supérieures à d'excellents résultats, c'est plomber les comptes et anticiper, avec l'accord plus ou moins tacite de l'entrepreneur, un rachat ultérieur de la société à vil prix.

Voilà pourquoi la finance continue de pourrir la vie économique. Mais heureusement tout n'est pas comme cela.

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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 06:34

Il y a quelques temps je débarquais à la Défense à l'heure du rush. C'est un spectacle auquel je n'étais plus habitué et il faut bien l'avouer, sortir d'un train avec quelques 2000 passagers c'est impressionnant. Petite réflexion : alors que l'intégrisme est de plus en plus visible dans l'espace public - qui peut ignorer ces femmes fantômes accompagnées de leur barbu en chaussettes blanches - on ne peut qu'être frappé par leur absence complète à l'heure où les gens partent au travail : pas une seule femme en burqa dans les trains de banlieue. Hé bien oui, c'est aussi cela la burqa : des femmes qui ne travailleront jamais dans une entreprise. 

Mais il se trouve encore beaucoup d'élus - surtout de gauche - pour soutenir qu'il ne faut pas interdire la burqa, au nom de cette idée libertaire très française qu'il ne faut rien interdire. Essayons pourtant d'imaginer un instant une France avec 50% des femmes en burqa. On fait comment pour maintenir le niveau de vie en France ? On fait comment dans les entreprises ?

Alors bien sûr l'argument principal des adversaires de l'interdiction est d'affirmer que cela concerne tout au plus 2000 femmes en France et que ce mouvement reste marginal. Sauf qu'il y a dix ans, il n'y en avait quasiment zéro. Et que la loi d'interdiction de la burqa doit anticiper ce qui va se passer dans 10 ans... si on laisse faire.

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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 06:23

Bon encore une complainte de petit patron : j'ai reçu la note à payer pour la Médecine du Travail : 90 euros par salariés, pour la visite annuelle de 2 minutes. Pour ce prix là, on va avoir droit à la visite d'un Médecin du Travail à l'usine.

Tout le monde admet que la surveillance de la santé au travail est essentielle. Mais, est ce le véritable prix à payer ? Probablement pas car il n'y a aucune concurrence au sein de ces organismes et le poids des entreprises industrielles est de plus en plus faible - en effectifs - par rapport aux sociétés de services. Donc si un jour la France se ré-industrialise, ce qui va être indispensable, on aura certainement une explosion des coûts de la Médecine du Travail.

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 05:41
En ce mois de mars 2010, les URSSAF ont signé une convention avec l'Etat pour stabiliser leurs effectifs. en réalité, les Urssaf ne se sont jamais réformées. Il ne devrait pas y avoir plus d'une caisse par région et on en est encore loin aujourd'hui. les Urssaf devraient également être mises en concurrence pour la collecte des cotisations. D'où leur vient leur légitimité ? Pourquoi seraient elles mieux placées qu'une compagnie d'assurance pour collecter auprès des entreprises des cotisations ?
En réalité les URSSAF coutent très chers en gestion, même s'il n'y a en apparence que 13 000 agents à payer , ce qui est déjà beaucoup. La réforme du RSI, a été un échec complet en 2005 pour supprimer les régimes spéciaux car en fait, les URSSAF se cherchaient du travail à l'époque et ont gagné face à la naïveté des députés.
Loin de se réorganiser, les URSSAF se sont retrouvé une légitimité.
Comment ont elles fait ? Par une astuce géniale : faire croire au régime de gestion paritaire, avec des représentants des travailleurs...qui ne sont en réalité que les syndicats maison.
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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 05:41
Excusez mon immense et profonde naïveté, mais j'ai, aujourd'hui, un service commercial où les commerciaux ne perçoivent qu'un salaire fixe. pas de prime, pas de commissions, rien. Et je n'ai jamais eu des commerciaux qui tournaient aussi bien.
Le discours béotien que je tiens tous les jours est de leur dire que s'ils vendent, ce n'est pas seulement grâce à leurs talents mais aux efforts de toute l'entreprise, depuis l'opérateur jusqu'à la secrétaire, depuis le service qualité jusqu'aux achats. A force de donner trop d'importance aux commerciaux, on les empêche de comprendre comment l'entreprise fonctionne. Et au bout du compte, leur première préoccupation devient leur commission avant leur boulot.
Je suis certain que si une banque avait le culot d'embaucher des jeunes sans aucun bonus pour ses activités financières, elle arriverait au moins au même résultat que ses concurrents.
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