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  • : Entreprendre en France est une galère
  • : J'ai créé mon entreprise avec très peu de moyens voici 6 ans. Aujourd'hui, elle progresse régulièrement mais modestement en raison des barrières invraisemblables que l'on met en France aux entreprises. Je passe un temps considérable à gérer des problèmes liés au fait que la création d'entreprise en France, contrairement aux beaux discours quotidiens, n'est pas la bienvenue.
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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 03:27

Taxe-aide-taxe-aide... Je viens de recruter en CDD un chômeur pour un travail d'opérateur. Le réflexe aujourd'hui est de demander systématiquement à Pôle Emploi si le recrutement bénéficie d'une aide quelconque. Je ne cours nullement après les aides et si elles n'existaient pas je ne m'en plaindrais pas car toute aide a une contrepartie en charges, avec au passage une rémunération très chère du fonctionnement du dispositif.

Pour ce recrutement, j'ai donc obtenu un Contrat Unique d'Insertion, CUI, qui me permet pendant 6 mois de bénéficier d'une remise de 25% sur le SMIC. Youpi, c'est la fête. Simultanément, j'apprends que les partenaires sociaux - je vais finir par les appeler les complices sociaux - ont signé un accord pour taxer les CDD, car il faut montrer aux Français que ce n'est pas beau de recruter seulement pour quelques jours ou quelques semaines ou quelques mois. Donc je vais être taxé.

Enfin, non, je ne vais pas être taxé car j'ai mis fin à la courte période d'essai de ce nouveau collaborateur : au deuxième jour, il faisait déjà une pause téléphone parce qu'il "n'avait plus rien à faire" . Evidemment, un salarié qui n'a plus rien à faire ne demande pas ce qu'il y a à faire, il faut rester à côté en permanence jusqu'à ce qu'il ait fini pour lui donner un autre travail ! Donc dans ce cas, je préfère ne pas aller plus loin. 

La conclusion de tout cela c'est que, ce ne sont pas des taxes ou des aides qui vont m'inciter ou me dissuader de recruter. Il faut aujourd'hui décider très vite, en deux ou trois jours, si on conserve ou pas un collaborateur. Le moindre détail qui signale de gros problèmes ultérieurs doit suffire à renoncer au recrutement. La France est un ensemble de PME dont la moyenne globale des salariés tourne autour de 4 personnes. Un collaborateur supplémentaire qui ne travaille pas avec un minimum de volonté est un danger immédiat pour l'entreprise. 

Pour ce qui concerne les taxaides, je me dis que simplement on alourdit l'administration française avec des coûts de gestion inutiles qui tournent probablement autour de 8% du montant des aides et des taxes.

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 04:24

Depuis pas mal d'années, j'envoie en formation des collaborateurs.  Finalement, les collaborateurs formés n'échappent pas à la règle du zapping en passant d'une entreprise à l'autre, et l' investissement pour améliorer leurs connaissances et leurs pratiques, finalement, apporte peu de choses à ma société et pas très longtemps. Donc, je me suis dit que, d'une part, il serait judicieux que je fasse moi-même la plupart des formations pour ensuite diffuser un savoir constant et mis à jour dans un certain nombre de domaines. Je viens de m'y mettre et ...surprise.

 

J'ai passé cette semaineavec des collaborateurs, mon CACES, un joli nom pour signifier Certificat d'Aptitude à la Conduite En Sécurité. Pour faire simple, il s'agit de pouvoir conduire des chariots élévateurs. La formation était prévue sur 2 jours ce qui me paraissait vu de loin à peu près normal. Pourtant,  le formateur m'a appelé il y a quelques semaines en suggérant une journée supplémentaire. Pourquoi pas, même si nous avons peu de temps. A l'arrivée, le formateur est venu une journée et demi et un examinateur 2 heures. 

 

Sur ces deux journées, pas de document écrit pour le stagiaire, mais un power point et deux vidéos dont une récupérée par le formateur sur internet. J'ai apprécié d'apprendre quelques petites choses sur la conduite dans un atelier. Mais ma formation s'est limitée à 2 demi-journées en réalité et 2 heures de tests. Au total 8 heures environ, et j'ai dû signer pour 3 jours de présence. Bref cette formation pouvait se limiter à une journée et être suivie d'une journée de test.

 

Sur le fond, je ne suis pas mécontent de la stratégie que je mets en place : au moins maintenant, je vais pouvoir former moi-même des collaborateurs sur les chariots, gerbeurs et autres transpalettes. Je pourrai accorder des autorisations de conduite en toute connaissance de cause. C'est à mon sens un savoir, une culture de la sécurité qu'améliore  l'entreprise. En revanche, je me pose des questions sur ces formations onéreuses, dont le temps de présence du formateur est arrangé, avec un niveau relativement pauvre en préparation.

Une réforme de la formation professionnelle est réellement à mettre en oeuvre. Avec mes cotisations, je pourrais avoir en réalité un formateur pendant un mois chaque année, alors que mon budget 2012 a été épuisé en 3 jours. Cherchez l'erreur. Je suis convaincu que l'Etat ou au moins la collectivité peut se substituer à un relatif échec du privé (un échec dont la cause est dans l'organisation collective de la formation).  

 

Plutôt que de harceler les chefs d'entreprises avec des contrôleurs, des inspecteurs, des prédateurs de nos finances en tous genres, des gens prêts à punir,  il serait judicieux de proposer la présence en entreprise d'intervenants extérieurs salariés comme des enseignants, dont le temps global serait équivalent à la cotisation annuelle d'entreprise. Au moins, nous aurions des gens qui d'une part pourraient faire des diagnostics larges des besoins, apporter des connaissances dans tel ou tel domaine et préparer un véritable plan de formation avec des cours et des travaux pratiques comme à l'école. Je suis convaincu que parfois nous n'avons pas besoin de plus de quelques heures sur un sujet. En regardant les choses de près, avec ce que je cotise aujourd'hui, nous aurions dans notre entreprise chaque année une vingtaine d'enseignants qui viendraient une journée chacun. Pour améliorer la compétitivité de la France, ce serait plutôt bien.

 

Au lieu de cela, nous avons des organismes de formation, dont tout le monde suspecte le côté "pompe à fric" pour les syndicats, qui sont elles-mêmes sous pression pour faire du chiffre, qui passent un temps considérable en paperasse, et qui sont asphyxiées par leurs charges. Et je suis à peu près sûr que bon nombre d'entre  elles sont à la limite de la rentabilité.

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 01:22

C'est vrai que la rupture conventionnelle a fait peu parler d'elle. J'ai entendu comme tout le monde que ce beau mécanisme allait réduire considérablement les contentieux aux Prud'hommes. Etant confronté à une demande de rupture conventionnelle par une collaboratrice "fatiguée", j'ai dû y regarder de plus près. En fait, la rupture conventionnelle, c'est l'institutionnalisation des abus. Car pourquoi un salarié demande-t-il ce mécanisme de rupture de contrat de travail ? Uniquement pour profiter des indemnités chômage. 

Par conséquent, nous passons d'un système inique dans lequel un salarié sur quatre menait son ex-employeur devant les Prud'hommes pour récupérer un petit quelque chose - et parfois le jackpot - à un système où l'ensemble des entreprises sont pénalisées à travers leur cotisation chômage. Cela en dit long sur la dégradation de notre société qui encourage la paresse, et de la compromission des syndicats patronaux...je suis désolé de le dire.

En effet, au-delà des belles paroles humanistes sur le progrès social, nos décideurs ont tout simplement transféré une charge qui pesait directement sur les entreprises - les Prud'hommes - vers la collectivité des cotisants. La vraie réforme est tout d'abord de supprimer un certain nombre de lois qui permettent aux salariés, la plupart du temps les moins bons et donc les plus coûteux, de se faire indemniser deux fois : une fois aux chômage, une fois par les Prud'hommes. Un salarié un peu astucieux peut réellement vivre très correctement à ne rien faire. La rupture conventionnelle réduit la deuxième indemnisation, mais crée des demandes nouvelles et envoie un signal à tous ceux qui travaillent dans une entreprise : c'est maintenant tellement simple de faire une petite pause indemnisée.

Il faut absolument revenir à des réalités concrètes : qu'est ce qu'un travail pour une entreprise ? c'est purement l'achat d'heures par un employeur qui a besoin de collaborateurs pour arriver à une production. Et donc, l'entreprise n'a pas à indemniser autre chose que des heures de travail. Si cette entreprise n'a plus besoin d'un collaborateur, elle doit pouvoir le remercier sine die. Pour amortir le choc, les politiques ont institué un mécanisme d'indemnités chômage. Avec la rupture conventionnelle, c'est un peu l'institutionnalisation d'un système non pas d'alternance de travail-chômage que l'on a mis en place, mais un système d'alternance travail-pause, laissé au bon vouloir de chaque salarié.

L'une des réponses, pour éviter les abus, est de laisser à un salarié - surtout les cadres - un maximum de 4 mois pour se remettre au travail. Aujourd'hui,  les indemnités chômage restent - et j'en fais l'expérience - plus attractives que le travail. 

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 08:13

Il est toujours un peu facile de jeter l'anathème sur une profession. Mais la récente publication d'un manifeste contre les notaires(1) rappelle fort justement que cette institution à laquelle on voudrait nous faire croire que les Français sont attachés est un lieu propice à la corruption, aux conflits d'intérêts, au népotisme, au mensonge, au verrouillage d'une économie française qu'elle appauvrit. 

Malgré le titre sulfureux de l'ouvrage récent  "Manifeste contre les Notaires", je ne peux qu'abonder dans le sens des conclusions. A titre personnel, j'ai eu plusieurs fois dans ma vie l'occasion de "passer" devant le notaire. J'ai vu l'incompétence d'un notaire sur mon bail commercial dont j'évalue les dégâts à plus de 100 000 euros sur une dizaine d'années. Une deuxième fois j'ai été pénalisé par cette même incompéence dans l'achat d'un logement à Paris : coût environ 10 000 euros. Dans cette opération, j'ai pu voir un affairiste tenter de me vendre un appertement dont j'avais besoin, alors qu' il n'en était pas encore propriétaire...Ce logement provenait d'un décès d'une personne âgée seule : visiblement le notaire semblait très (trop) bien connaître le dossier de ce décès, ce qui m'a plongé dans un abîme de perplexité en me laissant avec cette question : jusqu'où vont les pouvoirs du notaire pour gérer les biens immobiliers des gens qui meurent seuls ? Qui peut contrôler quoi dans ces opérations à l'abri des regards ? Enfin, j'ai eu l'occasion pour la succession de mon père de voir, depuis six ans qu'une erreur dans l'acte n'était toujours pas rectifiée....bien après l'encaissement des frais. Vous l'avez compris, je n'ai pas beaucoup de compassion pour cette profession la mieux rémunérée de France. A la limite, je ne leur reprocherais pas de gagner des fortunes : 200 à 300 000 euros par an. A la limite, je ne leur reprocherais pas leur  incompétence : beaucoup d"experts" le sont. En revanche , ce qui parait capital pour notre pays ce sont les blocages de l'économie qu'ils génèrent. 

Les notaires traitent chaque année 600 milliards de capitaux, tout en laissant croire que leur activité immobilière est quasi anecdotique (4% officiellement). Un couple qui divorce va voir la vente de ses biens immobiliers enregistrée par les notaires au titre des "actes de famille".  Ce classement des activités notariales n'est pas qu'un subtil distinguo. Il sert à masquer le fait que 70% des produits des actes portent sur le droit immobilier et 8% sur le droit des affaires.  

Mais pourquoi donc les notaires bloqueraient-ils l'économie ?

La première raison tient au fait que les actes sont proportionnels au montant des émoluments des notaires.  C'est une source incontestable d'inflation et de coûts élevés pour les clients : n'oublions pas que l'on parle de 600 milliards de capitaux traités par an. Cette situation a été dénoncé en son temps par Raymond Barre, plus récemment par Jacques Attali dans son rapport "pour la libération de la croissance française"...tout le monde s'en fout. Le deuxième point tient au nombre limité de notaires - une caste de 8700 individus - alors que la demande est croissante dans les besoins de services notariés. Inutile d'espérer être servis demain matin par votre notaire... Il vous faudra beaucoup de patience. Enfin, les notaires se défendent essentiellement par l'idée répandue de l"acte authentique" dont ils seraient les indispensables dépositaires. Pur bluff. Le Code du Commerce de 1807 rendait le recours au notaire obligatoire pour la constitution des sociétés. Aujourd'hui, fort heureusement ce verrou corporatiste est levé. Mais on imagine volontiers l'énergie, le coût et le temps perdu que ce dispositif représenterait dans l'économie s'il fallait encore en passer par un notaire pour constituer une entreprise. Hé bien, on peut dire que globalement c'est toujours ce qui se passe dans l'immobilier qui reste au coeur de la création d'usines, d'ateliers et de bureaux. Supprimons les notaires, ils ne manqueront pas aux entrepreneurs.

 

 

(1) Collectif NonTaire. Manifeste contre les notaires. Ed max Milo.286p. mars 2011

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 19:56

Breveter ses inventions pour améliorer ses chances de succès sur les marchés mondiaux, l'idée est séduisante. L'Etat de ce côté à travers l'INPI (Institut National de la Propriété Industrielle)  se montre raisonnable. En revanche, franchement les cabinets - enfin au moins celui que j'ai contacté - abusent très sincèrement sur les tarifs. Pour un dépôt européen qui peut s'effectuer sans intermédiaire directement à l'INPI, le devis en honoraires est de près de 500 euros pour les frais de base  -base de quoi ? - idem pour l'engagement de l'examen - c'est à dire remplir un formulaire - et plus de 1000 euros pour frais de désignation des états contractants - en d'autres termes pour choisir sur une liste, les Etats européens pour lesquels le brevet sera déposé. Donc deux mille euros pour un travail d'une heure à peine, sans déplacement car les conseils en propriété industrielle effectuent toutes les formalités en ligne.

Les petites entreprises et les très grosses sont les principales intervenantes en France dans les dépôts de brevet. On peut comprendre que l'intervention d'un cabinet dans la rédaction d'un brevet a son importance et il paraît légitime de payer - comme n'importe quel autre conseil juridique - à la hauteur des compétences, mais des honoraires démesurés pour une formalité de base ne donne pas vraiment confiance dans la profession. Et, lorsque l'on cumule les coûts, une TPE ne peut qu'être rebutée par des sommes qui deviennent vite astronomiques, tandis que les recettes liées au brevet comportent toujours une part d'incertitude. Un effort s'il vous plaît pour ne pas considérer les entreprises comme des vaches à lait... Tous ces abus, ajoutés les uns aux autres, ont coulé des milliers d'entreprises.

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 04:40

Récemment, un chef d'entreprise de Pavilly, près de Rouen, a entamé une grève de la faim pour pouvoir licencier un collaborateur qui a volé - tout de même - 50 000 euros dans l'entreprise. L'inspection du travail s'y était opposée au motif que la procédure n'avait pas été respectée. Il a fallu l'intervention des salariés de l'entreprise, solidaires de leur employeur, qui ont bloqué l'inspection du travail avec 70 véhicules pour qu'au final on s'aperçoive que le licenciement était valable. Mais à mon avis, il n'est pas au bout de ses peines... dans la phase suivante, aux Prud'hommes, il perdra.

Cela me rappelle un licenciement auquel j'ai procédé cet été d'un jeune immigré qui commençait à surtout à intégrer parfaitement l'idée qu'il avait beaucoup de droits en France, au point de se permettre de traiter de voleur son employeur parce que ce salarié - entre autres -  ne comprenait pas le décompte de ses congés. Bref, lorsque j'ai fini par le licencier, il s'est étonné que je respecte une longue procédure. Dans son pays d'origine, on ne s'embarrasse pas trop. Hé bien oui, même quand on recrute une personne qui ne lit quasiment pas le Français, il est judicieux de rester dans les clous des 1500 pages du code du travail. Mais l'histoire ne s'arrête pas là. J'ai eu la surprise de recevoir un courrier de la Mission locale me demandant également des explications sur une question - stupide - de pur formalisme à propos de ce licenciement, formalisme qui au demeurant a été respecté. Comme s'il fallait bien vérifier que les droits du salarié étaient le principal. Peu importe à la limite qu'un employé ne respecte pas ses obligations, sans même parler de fraude ou de vol. Ce n'est jamais grave. En revanche qu'un employeur oublie une virgule dans une procédure et tout le monde lui tombe dessus. Et même si tout est dans les règles, il faut encore créer la suspicion et inciter les salariés à se sentir lésé : ça ne mange pas de pain !

C'est aussi de cette façon que l'on massacre les entreprises en France. Les cas sont nombreux de salariés qui ont fait couler leur boîte en utilisant l'arme des Prud'hommes, avec des indemnités délirantes. Dans un licenciement sur quatre, le salarié fait appel aux Prud'hommes et on ne peut que lui donner raison : il a toutes les chances de gagner sa procédure, quelle que soit sa situation ou son comportement. Je ne comprends pas que des chefs d'entreprise puissent accepter de siéger aux Prud'hommes. Ils ont d'autres choses à faire que de cautionner un système parfaitement abusif. Autant ne pas aller dans ces juridictions, où la justice n'est pas rendue, ce n'est pas le but d'un tribunal en général : on n'y soulève que des points de droit. Si l'on veut que le droit du travail change, pour que la justice s'améliore en faveur du développement économique, il faut que les employeurs se retirent du jeu prud'homal.

Il est clair que de mon côté, en développant l'entreprise, j'intègre dès l'embauche le décompte des indemnités éventuelles aux Prud'hommes, pour le cas où...

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 05:45

La semaine dernière, j'ai recruté une opératrice à temps partiel. Certes le travail que je propose n'est pas des plus enthousiasmants. Il s'agit d'un travail à la chaîne. Donc avec des cadences. Lundi, arrive une femme de la trentaine. Il a fallu la recruter, ce qui a pris déjà pris un certain nombre d'heures : dépôt d'annonce, recueil des candidatures, entretien avec les candidats. Ensuite il a fallu rédiger le contrat de travail, c'est peut-être une évidence mais ça prend aussi du temps. Puis il a fallu faire la DUE, la Déclaration Unique d'Embauche pour ne pas être soupçonné de faire du travail au noir et bien sûr payer ses cotisations sociales. Il a fallu photocopier sa carte d'identité, sa carte de sécu, ouvrir un dossier... Le deuxième jour, la nouvelle recrue qui travaillait 4 heures par jour trouve que l'ambiance est sympa, mais que le poste est trop fatigant et qu'elle arrête. Bon, ok. Il reste donc à établir le solde de tout compte, le certificat de travail, lui demander une lettre de démission, et même la rédiger car la nouvelle recrue s'en fiche un peu de la paperasse, lui faire signer le reçu de solde de tout compte, lui fournir son attestation Assedic. En tout 12 pages de rédaction - et encore, j'avais oublié de lui remettre le règlement intérieur sur 3 pages, et je ne parle pas de la visite médicale qu'il fallait programmer : c'est ça aussi un recrutement.

La semaine prochaine, je recommence.

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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 05:02

En écoutant nos dirigeants politiques - et ne parlons pas des représentants patronaux devenus muets sur le sujet - on a l'impression que le débat sur les 35 heures est aussi ancien que le Crétacé. Récemment encore Nicolas Sarkozy dans l'une de ses brillantes prestations télévisées s'emportait à nouveau sur les 35 heures, héritage catastrophique qu'il a - qu' il aurait - changé avec la formule magique du "travailler plus, pour gagner plus".

Malheureusement sur le terrain voici comment les choses se passent. Les salariés ont droit à un contigent d'heures supplémentaires : 220 heures. On y arrive vite. Sur une année, c'est peu de chose. Dire qu'au-delà les heures supplémentaires sont autorisées, c'est un peu se payer la tête du monde. D'une part, il faut commencer à solliciter des autorisations à la Direction du Travail. En clair, cela veut dire que l'on sort de la norme et qu'on entre dans l'exception. D'autre part,l faut également prévoir un repos compensateur équivalent au temps travaillé en heures supplémentaires. Donc, franchement quel en est l'intérêt ?

Côté salarié, les jeunes qui veulent travailler dans une usine, sans formation, sont ravis de travailler plus et de voir une fiche de paie dépasser largement le smic. Ils commencent à rêver de pouvoir quitter le domicile familial où ils se sont établis avec leur copine et commencent les calculs de tout ménage : loyer, équipement etc. Et puis vient le temps où l'employeur tout à coup prend conscience qu'il a atteint le quota d'heures sup et tourne le problème en tout sens avant d'annoncer au salarié qu'il va devoir travailler moins pour gagner moins. La fiche de paie suivante crée l'ambiance dans l'entreprise. Vu du côté de l'employeur, comme une embauche supplémentaire est toujours un problème, la chasse aux temps morts commence pour essayer d'augmenter la productivité. 

Finalement quasiment rien n'a été fait pour supprimer les 35 heures qui continuent de plomber le pays, l'organisation des entreprises, la rémunération des salariés.

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 05:08

Une entreprise en croissance est toujours en recherche d'argent pour financer le cycle de production, augmenter ses stocks, accélérer son développement. De temps à autres surgissent des prédateurs qui recherchent une bonne proie. Coup sur coup ces derniers jours, j'ai eu droit à deux appels téléphoniques de l'étranger, d'investisseurs, qui en réalité essaient de dénicher des affaires pour le compte de quelques fortunés et servent tout simplement d'intermédiaires. Des intermédiaires qui se nourrissent à hauteur de 8 à 12% des prêts obtenus. 

Il est probablement tentant pour un chef d'entreprise en manque de fonds d'utiliser toutes les recettes pour se faire financer. Mais à y regarder de près, rien que le montant des commissions est déjà énorme et un chef d'entreprise peut être ébloui par les sommes vertigineuses qu'on peut lui prêter, mais jamais il ne sera en mesure de rembourser avec son activité. Que se passe-t-il donc alors ? Hé bien tout simplement au bout de 5 ans, le patron encaisse éventuellement le prix de la revente de sa boîte, s'il n'est pas trop pris à la gorge par les remboursements, l'intermédiaire a disparu et l'investisseur rafle la mise. Tout le monde est content ou presque. Car la réalité c'est que l'on joue les entreprises au casino.

J'ai pu observer cette méthode à plusieurs reprises. Et les patrons ne sont pas les derniers à jouer à ce jeu. J'ai ainsi vu récemment une entreprise qui ne valait strictement que le "baratin" de son dirigeant, au demeurant fort sympathique. Beau bureau et look branché, beau business plan et beaucoup de vent pour toucher 2 millions d'euros. De quoi se nourrir, sans abuser bien sûr pour éviter les soupçons, de quoi faire enfler artificiellement l'affaire avant que le soufflet ne retombe dans 3 - 4 ans. Ce sera alors la faute à pas de chance.

Les beaux parleurs sont aussi du côté des capitaux risqueurs. Il y en a même qui se parent des vertus écolo-banlieues. Acte 1 : on vous explique que les risques de votre entreprise sont énormes et donc c'est normal que les rémunérations des investisseurs soient faramineuses...car bien sûr ils ont à essuyer les plâtres de sociétés qui ont fait faillite. Acte 2 on vous prête de l'argent à un niveau inférieur à vos besoins et à un taux maximal qui doit permettre le doublement de la mise de fonds au bout de 7 ans. Acte 3 : on vous explique que si vous n'atteignez pas vos objectifs on vous pique la boîte : normal ! disent ces investisseurs, c'est que vous n'aurez pas été à la hauteur.

Dès le départ les dés sont pipés : une affaire qui dégage 3% c'est déjà bien, 15% de résultat c'est rare, alors imaginer des rémunérations d'investisseurs supérieures à d'excellents résultats, c'est plomber les comptes et anticiper, avec l'accord plus ou moins tacite de l'entrepreneur, un rachat ultérieur de la société à vil prix.

Voilà pourquoi la finance continue de pourrir la vie économique. Mais heureusement tout n'est pas comme cela.

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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 06:23

Bon encore une complainte de petit patron : j'ai reçu la note à payer pour la Médecine du Travail : 90 euros par salariés, pour la visite annuelle de 2 minutes. Pour ce prix là, on va avoir droit à la visite d'un Médecin du Travail à l'usine.

Tout le monde admet que la surveillance de la santé au travail est essentielle. Mais, est ce le véritable prix à payer ? Probablement pas car il n'y a aucune concurrence au sein de ces organismes et le poids des entreprises industrielles est de plus en plus faible - en effectifs - par rapport aux sociétés de services. Donc si un jour la France se ré-industrialise, ce qui va être indispensable, on aura certainement une explosion des coûts de la Médecine du Travail.

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