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  • : Entreprendre en France est une galère
  • : J'ai créé mon entreprise avec très peu de moyens voici 6 ans. Aujourd'hui, elle progresse régulièrement mais modestement en raison des barrières invraisemblables que l'on met en France aux entreprises. Je passe un temps considérable à gérer des problèmes liés au fait que la création d'entreprise en France, contrairement aux beaux discours quotidiens, n'est pas la bienvenue.
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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 18:56

Houla ! Ce la fait très longtemps que je n'ai plus rien publié. J'ai une - modeste - excuse : mon entreprise prend de l'ampleur.  C'est un travail énorme. Beaucop de stress, mais finalement je ne suis pas trop loin de mes pronostics, même si rien n'est gagné. Parmi les grandes réformes économiques dont j'avais initié la présentation en affirmant qu'il fallait mettre un terme au cumul des mandats, une deuxième concerne à nouveau nos chers hommes politiques: il s'agit de ne plus accepter le renouvellement des mandats. Les socialistes seraient prêts à limiter à trois le nombre de mandats, mais même un si faible effort n'est pas crédible. Ce sont essentiellement les "vieux" qui font ce genre de proposition... Ils ne sont plus trop concernés.

En quoi cette réforme serait-elle économique ? Tout simplement parce que la politique est d'abord un service et non une carrière. Servir, cela signifie prendre les décisions utiles pour la majorité de nos concitoyens. Dès l'instant où un homme politique est élu, aujourd'hui la loi lui laisse  envisager une carrière politique. S'il commence à bien gagner sa vie avec la politique, il adopte un mode de vie conforme à son nouveau niveau de revenu. Et donc sa motivation à être réélu devient, au fil des années, de plus en plus forte. Prenons un cas classique : un enseignant devient député. Même sans se laisser griser par le pouvoir, son nouveau revenu change son mode de vie. Il va voir son banquier pour emprunter pour une maison plus grande,il engage des dépenses plus importantes pour sa cellule familiale et de fil en aiguille se retrouve facilement endetté auprès de son bnaquier qui lui déroulera le tapis rouge. Ce n'est d'ailleurs pas le guichet du coin qui va lui accorder son prêt. Ainsi, comme pour tout ménage, l'homme politique a des remboursements. A l'approche des élections il sent bien ce qu'il peut perdre en confort de vie et voit les problèmes personnels grossir en cas de non réelection. Donc, mécaniquement et de façon intéressée, il ne va jamais vouloir abandonner son poste. 

Pour être réélu, notre député va être amené à rester "en contact avec la population" . En clair, il est important pour lui de ne pas trop passer de temps à l'Assemblée nationale et surtout de faire plaisir à ses électeurs : subventions par ci, intervention par là, inaugurations, participations à des réunions locales d'associations inutiles... Bref, nous ne sommes plus du tout dans l'intéret général. 

Très rapidement, un député fait naturellement des compromis, des dépenses qu'il sait lui-mêmessans intérêt, et dont il se convainc qu'elles peuvent rendre service...surtout à lui. Ces petits compromis, aboutissent au niveau national à l'endettement que l'on connaît. C'est aussi simple que cela.

Dans une entreprise, un patron ne peut laisser filer les moindres dépenses et par exemple, il lui faut surveiller de près les notes de frais car c'est souvent par là que les uns et les autres se lâchent le plus facilement. Les dépenses inutiles peuvent en quelques années plomber une entreprise et la faire disparaître. Alors que dire de responsables politiques qui n'ont quasiment aucun compte à rendre. Qui peut imaginer un instant que les quelques 500 000 élus français ne participent pas, peu ou prou, aux dérapages qui minent notre économie ?

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Published by Zoïle - dans économie
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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 03:32

Au moment où toute la classe politique affute ses armes dans la perspective du combat présidentiel, on ne peut qu'être surpris par l'indigence des projets. Et surtout, une fois de plus, nous assistons impuissants à ces grands shows médiatiques, des responsables politiques, toujours les mêmes, qui disent toujours les mêmes évidences :" il faut plus de justice sociale", il n'y a qu'à ci, il faut ça... des généralités la plupart du temps ou des réactions à chaud sur des événements pour plaire aux journalistes qui n'ont aucune question à poser. Bref, je ne compreds pas de quoi me parlent les hommes politiques à la télé.

Une modeste expérience de conseiller municipal m'a permis de constater que les hommes politiques étaient la plupart du temps ignorants des réalités. Ce n'est pas une critique, nous sommes tous à un moment donné incompétents. Le tout est de travailler pour acquérir des compétences. Deuxième point, j'ai la conviction qu'il ne faut pas beaucoup de réformes pour changer complètement le pays. Il suffit de se pencher sur quelques vrais dossiers. Donc voici les dix réformes économiques sur lesquels à mon sens il faut réellement changer pour faire chuter le niveau de chômage et aboutir au plein emploi que les responsables politiques affichent comme objectif, à droite et à gauche.

1 - Supprimer tous les cumuls de mandats.

J'ai vu à une échelon modeste de conseiller municipal à quel point les professionnels de la politique que je cotoyais se montraient âpre à défendre leur place et à améliorer peu à peu leurs fins de mois. Au début évidemment un nouvel élu croit à ce qu'il dit. mais très rapidement vient le temps où il commence à profiter de sa situation. Je pense par exemple - ce n'est qu'un exemple - à Dominique Voynet, sénatrice et maire de Montreuil. Récemment on me signalait l'avoir vue régler sa note d'hôtel dans le plus beau palace de Marakech où se déroulait un quelconque colloque. Tant mieux si des gens peuvent fréquenter les palaces. J'espère simplement qu'elle payait de sa poche. Mais on commence à entrevoir le décalage entre la militante écologiste des débuts et la sénatrice confortablement installée sous les ors du palais du Luxembourg. Impossible qu'un élu de son niveau puisse éluder la question de son mode de vie. Forcément à un moment de son parcours politique, cette question surgit : est ce que cela va durer ? la politique, c'est aussi le luxe, et le luxe est bien agréable.

Une maladie française fait que 90% de nos députés ont au moins un deuxième job. Contrairement à ce que prétendent les hommes politiques, ce n'est pas pour "rester au contact du terrain" mais bel et bien pour arrondir les fins de mois. Car à un moment donné, il n'y en a jamais assez et il y a la crainte que tout cela se termine...donc les élus cherchent à prendre leurs précautions : si je perds le poste de député, je garde celui de vice président du conseil général, etc... Dans le cas de Dominique Voynet , elle est aussi maire de Montreuil : mais comment peut-elle faire pour à la fois passer des journées à travailler par exemple sur les problèmes de sécurité dans sa ville, intervenir "sur le terrain", et en même temps faire partie des 348 sénateurs qui réfléchissent à modifier les lois pour 66 millions de Français. Quelle considération a-t-elle réellement pour son travail législatif ?

Le problème supplémentaire, c'est que les élus passent énormément de temps en représentation - en touchant au passage souvent des primes de participation à des manifestation et pas seulement des remboursement de frais -  et qu'il en reste relativement peu pour se former, approfondir des sujets et réfléchir. La représentation, ce n'est pourtant pas ce qu'on leur demande : nous avons besoin de lois, pas de députés qui posent des gerbes devant les monuments aux morts.

Une élection législative coûte 80 millions d'euros. Les élus sont d'origine très diverses : pharmaciens, médecins, agriculteurs, employés, enseignants trop souvent, avocats, donc a priori les nouveaux élus sont tous incompétents sur la plupart des sujets et devraient avoir l'obligation de passer la plupart de leurs journées dans les bibliothèques universitaires pour se former. 

Malheureusement, ils ne font rien de tout cela, ce qui aboutit au résultat consternant que nous avons toujours  des comportements idélologiques, des élus parlent d'une voix unique, celle de leur parti.

La situation de la France de ce point de vue fait exception dans le monde : aucun sénateur américain n'exerce en même temps un autre métier. Il se consacre à temps plein à son activité de législateur, et c'est bien le minimum qu'on puisse exiger de lui.

La conséquence du cumul des mandats est toute simple : les lois françaises ne sont pas étudiées sérieusement et les réformes prennent des décennies à voir le jour. Et si une loi va dans le mauvais sens, il ne faut pas espérer voir les députés rectifier le tir avant au moins une génération.

Le chômage en France n'est pas une fatalité. Il y a des réformes qui peuvent modifier la donne. Mais la première chose à faire, est d'abord de travailler sur le sujet. Ce que ne font pas nos députés dilettantes.

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 03:22

C'est un détail qui a échappé à tout commentaire, mais les banques qui depuis quelques mois se targuent d'avoir redressé leurs comptes n'ont pas soldé tout leur passif. Pressées qu'elles étaient de renouer avec les bonus, donc avec la spéculation, elles ont simplement omis de comptabiliser les 740 000 chômeurs supplémentaires dont elles sont responsables en France entre mi 2007 et fin 2010.

L'Etat est très inventif pour imaginer des impôts nouveaux, mais là, rien. C'est le schéma classique qui prévaut : les entreprises paient les chômeurs, donc les salariés - ils n'en sont pas conscients - paient le surcoût de la crise. Est-ce que quelqu'un proteste ? Non. Est-ce qu'un seul banquier a été en prison ? Non, à part Madoff. Pourtant la planète entière est prête à s'émouvoir pour un banquier du FMI qui a fait souffrir et effrayé quelques minutes une jeune femme, sans doute l'a-t-il traumatisée, et il risque pour cela 74 ans ans de prison. Pour les dizaines de banquiers qui ont fait souffrir 740 000 individus et qui ont mis à mal 740 000 ménages en France pour des mois voire des années : rien. Les entreprises, si peu aidées par les banques, sont priées de payer l'addition.

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 07:09

Le RSI - Régime social des Indépendants - est l'organe bien connu des entrepreneurs qui est l'équivalent pour eux de l'URSSAF. D'ailleurs le RSI est tout bonnement un nom un peu différent de l'URSSAF, mais il est complètement dépendant des URSSAF : même monopole, même fonctionnement implacable, mêmes errements.

Le RSI dispose aujourd'hui d'un petit trésor de guerre de 11 milliards d'euros de réserve. C'est le fruit du travail des "petits patrons" qui est prélevé pour payer leur retraite. L'absurdité de la situation est que le RSI n'hésite pas à mettre une pression phénoménale sur des entrepreneurs dès  qu'ils sont en difficulté pour pomper l'argent qui peut encore l'être. Ainsi, au moment où un patron voit son affaire plonger, le RSI lui appuie la tête. Le comportement le plus anti-économique est non seulement la règle pour le RSI, mais le plus surprenant est qu'il ne vient à l'idée de personne de toucher au RSI : si vous avez du retard dans le règlement d'un loyer, dans le paiement de votre assurance, vous recevez des relances et vous pouvez éventuellement discuter avec votre créancier. Avec les URSSAF et son épigone le RSI : que nenni! Les envois de courriers recommandés, de mise en demeure, de derniers avis avant huissier se succèdent à des échéances très rapprochées. Bref, l'idée est de mettre la pression maximale sur l'entrepreneur sans se poser la moindre question sur l'utilité de l'entrepreneur ou de la pérennité de son entreprise, de ses difficultés temporaires - comme dans la plupart des entreprises à un moment de leur existence - et de la façon de trouver des solutions pour remonter la pente.

Il y a au moins une action que devraient exiger les employeurs, c'est l'utilisation des placements du RSI en faveur de l'économie des petites entreprises. Ce n'est un secret pour personne que les petites entreprises ont des difficultés parfois insurmontables pour trouver des financements. Alors, les 11 milliards, il faut les utiliser pour les réinjecter dans l'économie des petites entreprises qui ont constitué ce pactole et qui doivent donc en bénéficier. Ce serait ainsi un moyen plus intelligent pour le RSI de remettre sur pied un cotisant en difficulté, car les difficultés démarrent souvent d'un manque d'investissement. Plus encore, ce serait le moyen d'aider les petites entreprises à se développer et donc à cotiser davantage.

Actuellement le RSI place 30% de ses réserves en actions, 45% en obligations et 14% en produits monétaires. Rien, pas un centime chez les petits patrons, ses cotisants. Les employeurs doivent exiger que ces sommes soient placées en investissements dans leurs propres affaires. Il faut rendre à César ce qui est à César. Et aux employeurs, le fruit de leurs efforts.

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 05:24
L'enseignement de l'économie en France est le reflet de notre pays. Toujours marqué par son idéalisme hégélien, classe contre classe. Chez les profs, Marx reste une bible. Le minimum serait de leur offrir un abonnement aux Echos ou à la Tribune plutôt qu'à Alternatives Economiques qui alimente les notes de bas de pages des manuels scolaires.
Petite lueur d'espoir, les autentrereneurs vont d'ici quelques années constituer un véritable corps social en France et seront plus nombreux que les agriculteurs et c'est eux qui créeront l'essentiel des emplois avec les TPE. La France est déjà constituée de petites entreprises avec 3,7 salarés en moyenne, toutes activités confondues. Mais tout le monde s'en fiche depuis des décennies. Il n'y a pourtant pas que des anciens chômeurs longue durée parmi les créateurs et il faudrait peut être demander à tous ces créateurs ce qu'ils en pensent. Ce ne serait pas pire.
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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 09:24
Il y a quelques jours, j'assistais à une réunion à la COFACE, notre drapeau national pour aider les PME à l'export , et au cours de la conversation, je faisais allusion à un client un peu particulier qui n'est autre qu'une ambassade asiatique.

Nos produits - nous fabriquons des gels réfrigérants - sont indispensables pour l'expédition des produits frais et un attaché d'ambassade nous achète donc régulièrement nos produits . Pourquoi ? tout simplement parce que les ambassadeurs de ce pays vont faire leurs courses dans nos grandes surfaces, achètent ce qu'il y a de nouveau, même des produits frais, et ensuite expédient le tout dans leur pays. Ensuite, je n'ai pas idée de leur organisation, mais très probablement suivent-ils le schéma suivant : ils livrent des entreprises de leur pays qui ainsi ont sous leurs yeux toutes les innovations de la planète dans leur domaine d'activité.

A vrai dire, ce n'est pas d'une grande originalité, mais c'est très efficace. En France, j'ai eu l'occasion de lire un beau rapport sur l'espionnage économique (ça fait mieux de parler d'intelligence économique) mais à la fin de cette lecture, stabylo à la main, je me suis demandé ce que l'on pouvait bien en tirer.

Pourtant, nous avons une expérience historique dans ce domaine que malheureusement  nous n'enseignons pas à nos enfants. En effet, sous Louis XV, Trudaine qui était à la fois intendant des finances et membre de l'Académie des Sciences avait eu la bonne idée d'envoyer des espions à l'étranger et notamment un certain Gabriel Jar en Angleterre. Pendant plusieurs années, Gabriel Jar s'est promené dans les ateliers de notre voisin en se faisant passer pour un simple touriste curieux. Il étudiait ainsi toutes les machines dont disposait l'Angleterre. A l'époque, il faut dire que les Anglais avaient de l'avance sur la France on les jalousait un peu. Ainsi, le soir dans son auberge, il dessinait des plans et les envoyait à Trudaine, lequel ensuite en informait les entreprises françaises, via ses réseaux. Il était bien placé pour cela puisqu'il avait créé le "bureau des dessinateurs" lequel normalement était censé dessiner les routes françaises et il avait de nombeux contacts avec les ingénieurs français... c'est lui également qui a fondé l'école des Ponts et Chaussées.

Bref, grâce à l'action de Trudaine, des pans entiers de l'industrie française ont pu être créés comme la coutellerie à Thiers ou une partie de la soierie. Il existe encore quelques 300 entreprises de coutellerie à Thiers.

Donc au cours de cette réunion à la COFACE, je demandais à ce que dans toutes les ambassades de France, nos ambassadeurs poussent le caddy pour expédier aux entreprises françaises des produits locaux. Il suffirait aux entreprises françaises de s'inscrire sur une liste et d'indiquer ce qu'elles recherchent, des payer les frais et nous aurions de bonnes surprises au bout de quelques années.

c'est simple et ça crée de l'emploi. mais c'est une vrai culture à acquérir.

Pour en revenir à notre ambassadeur asiatique, nous lui livrons nos réfrigérants dans des cartons à trou que nous avons mis au point pour notre propre consommation. Ces cartons n'ont rien d'extraoridiane mais ils présentent la particularité d'être bien aérés pour réduire de moitié le temps de congélation (nos clients congèlent des palettes entières de réfrigérants sans les déconditionner) et pour résister à l'écrasement. Ce n'est pas grand chose, mais notre client nous a demandé de lui en livrer. Nous lui avons fait remarquer que nous n'en vendions pas et que ces cartons étaient uniquement destinés à notre consommation. Il a beaucoup insisté. Nous lui avons donc vendu une trentaine de cartons.

Il ne faut pas croire que l'espionnage est un jeu avec un perdant et un gagnant... aujourd'hui ce même ambassadeur insiste beaucoup pour que nous allions créer un atelier dans son pays.
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Published by François Ducrocq - dans économie
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